Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie

Le CRI est une initiative qui vise à lutter contre un fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur : l’islamophobie.

En effet, le constat établi depuis plusieurs décennies est simple : les discriminations multiples dont sont victimes les citoyens français musulmans sont incompatibles avec une société de droit. De l’acharnement médiatique qui ne cesse de les stigmatiser aux discriminations quotidiennes à l’emploi, ou à l’éducation, les violences symboliques et réelles ne cessent de se multiplier dangereusement.

Si le 11 septembre 2001 a décomplexé la parole islamophobe à travers la rhétorique pseudo-scientifique du choc des civilisations, le phénomène est plus ancien.

Ainsi, durant le premier mandat de Mitterrand, Mauroy, premier ministre en exercice en 1982, déclarait à propos des grévistes des usines Peugeot-Talbot « qu’ils ne faisaient pas partie de la réalité française et qu’il s’agissait d’agitateurs khomeynistes. » Il entendait donc disqualifier les revendications légitimes des ouvriers par l’instrumentalisation de la question religieuse, comme le feront d’autres politiques de tous bords par la suite. La diabolisation médiatique assimilant trop souvent les musulmans au terrorisme a également conduit à de graves erreurs judiciaires notamment en 2002 dans le cadre de l’affaire du bagagiste de Roissy.

Il est aujourd’hui plus qu’urgent de mettre fin à toutes ces manifestations islamophobes. L’enjeu est en effet fondamental pour l’ensemble des citoyens de ce pays à deux niveaux :

  1. La marginalisation d’une catégorie de citoyens français nourrit des ressentiments qui à terme, peuvent conduire à compromettre la construction d’un vivre-ensemble serein et à encourager les replis communautaires.
  2. Les attaques islamophobes s’inscrivent dans un contexte de politique sécuritaire, qui consiste à contrôler et réprimer les éléments susceptibles d’être rétifs à l’ordre établi. Le combat contre l’islamophobie est donc un combat d’intérêt public car si on sacrifie une partie de la population sur l’autel sécuritaire, c’est l’ensemble de la société avec ses valeurs d’équité et de justice qui en pâtira demain.

Par ailleurs, le CRI n’est pas une énième organisation venue enrichir le paysage de la diversité associative, en prétendant représenter une catégorie spécifique de la population. Le CRI se veut un outil durable et accessible à toutes les victimes de racisme et toutes les personnes éprises de justice, afin de combattre juridiquement, socialement, culturellement et surtout politiquement ce qui relève aujourd’hui d’un phénomène systémique. L’objectif est que les pouvoirs publics, au-delà des déclarations creuses, prennent conscience de la gravité de la situation et agissent enfin pour éradiquer ce fléau.

Nous prenons donc au pied de la lettre les propos du Président de la République lorsqu’il déclare «  que l’islamophobie c’est comme le racisme ou l’antisémitisme, ça ne s’explique pas, ça se combat. »

 
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