Combattons l’islamophobie !

La loi du 15 Mars 2004, reconnue par tous
comme étant la loi contre le foulard, vient d’avoir
cinq ans sans que les défenseurs des droits
de l’Homme ni les organisations musulmanes
ne prennent la peine de la dénoncer ou la combattre.

Au mieux, certaines associations ont
organisé une conférence pour en parler, ou
pour avoir bonne conscience et ne pas être
obligé de manifester comme l’ont fait courageusement
certaines femmes musulmanes à
Paris ce 15 Mars 2009, et au pire, ne rien faire,
ne pas en parler, et faire comme si elle n’existait
pas, ce qui fut le cas de la très grande
majorité des organisations musulmanes.
Cette attitude lâche et dénuée de courage est
camouflée par certains qui invitent à ne pas
faire de bruit, ou qui prétendent qu’il s’agit
d’une cause difficile, laissant ainsi des citoyennes
de confession musulmane confrontées
à la violence symbolique, aux discriminations
systémiques et aux souffrances qu’elles seules
peuvent ressentir et qui sont accentuées lorsqu’elles
se rendent compte que la « communauté
musulmane » les a abandonnées à leur
triste sort.
Tout le monde sait, et plus particulièrement les
musulmans de ce pays, que cette loi a fait et
continue à faire des dégâts considérables, et
continuera à en faire si on ne réagit pas efficacement.
Aujourd’hui, ce ne sont plus les
enfants et l’école qui sont concernés, comme
le prévoit la loi, mais les adultes et tous les
espaces de la vie sociale : du domaine de
l’emploi, à la formation, en passant par le permis
de conduire ou l’abonnement de bus ou la
carte d’étudiante et même les loisirs etc ??
Depuis que nous avons créé CRI (Coordination
contre le Racisme et l’islamophobie) il ne
se passe pas une semaine sans que l’on ne soit
sollicité pour aider telle doctorante qui se fait
exclure de son université pour port de foulard,
ou telle assistante maternelle ou animatrice
qu’on exclut de la formation sous prétexte de
laïcité, de loi du 15 Mars 2004 ou de règlements
intérieurs taillés sur mesure, et ce, malgré
leur subordination à la loi, et leur dénonciation
par la Halde. Parfois c’est le guichetier
qui fait sa loi et son interprétation de la laïcité
(à laquelle trop souvent il ne connait rien) pour
exclure et humilier les musulmanes qui se présentent.
Aujourd’hui nous assistons à une islamophobie
combinée à du terrorisme culturel, administratif
et politique qui frappe les citoyennes
de confession musulmane, obligées de s’auto
censurer pour avoir un emploi, une formation
ou tout simplement un abonnement quelconque
 ; ou alors de faire une croix sur leur avenir
professionnel et leur émancipation sociale
et individuelle lorsqu’elles décident de garder
leur foulard.
Nous ne pouvons plus tolérer cette situation
d’injustice créée par les pouvoirs publics mais
également le silence complice des organisations
censées lutter contre toutes les discriminations.
C’est pour cela que nous appelons toutes
les personnes éprises de JUSTICE ET
RESPECT DE L’AUTRE afin qu’elles nous
rejoignent dans notre combat pour faire abolir
cette loi scélérate et faire légiférer nos politiques
sur la question de l’islamophobie, qui
doit être pénalement punie comme l’antisémitisme.
Il ne doit exister aucune hiérarchisation
des racismes, et nous souhaitons impatiemment
que la parole du Président de la République
devienne réalité : « le racisme, l’antisémitisme
et l’islamophobie, ça ne s’explique
pas ça se combat ».
Nous exigeons les moyens
de les combattre avec la même intensité,
ce qui n’est pas le cas !!!

La Coordination contre le racisme et l’islamophobie

 
Thèmes