Justice pour Ali Ziri

Le 9 juin 2009, Ali Ziri, retraité algérien âgé de 69 ans, est hospitalisé à Argenteuil après un contrôle policier d’une voiture de conduite et un passage au commissariat. Il décède deux jours plus tard. Les autorités attribuent alors sa mort à « une hypertrophie cardiaque » et décident d’en rester là avant d’effectuer, sous la pression de la famille et du Comité de soutien, des actes de procédure complémentaires révélant le 20 juillet dernier que des traces de d’hématomes de 12 à 17 centimètres ont été notés sur le corps de la victime et que des coups ont sans aucun doute causé le décès.

Les forces de l’ordre n’en sont pas à leur coup d’essai. Abou Bakari Tandia, Lamine Diang, Hakim Ajimi ; plus récemment, Yakou Sonogo, Mohamed Benmouna et maintenant Ali Ziri autant de noms d’une liste loin d’être exhaustive de personnes décédées dans des circonstances où les forces de l’ordre sont impliquées. Ce déchaînement de violence est d’autant plus révoltant et indignant qu’il vise une catégorie particulière de la population, à savoir les Arabes, les Noirs et/ou les musulmans. Le facteur déterminant du racisme dans beaucoup des cas de décès peut être clairement identifié car ceux ci ne sont que la manifestation extrême d’une attitude répressive générale : contrôles policiers injustifiés et discriminatoires, gardes à vue et interpellations abusives, traitement sécuritaire d’exception, provocations, intimidations, humiliations... Ces actes répréhensibles ne sont et ne doivent nullement être considérés comme une simple déviance du corps policier. Ce dernier doit faire l’objet d’une condamnation des plus ferme, en tant qu’institution, pour ses comportements discriminants.

La dénonciation, nécessaire et urgente, des violences policières passe d’abord par l’exigence de faire la lumière et d’établir la vérité pour chaque affaire impliquant la police dans un décès ou une atteinte physique. Coûte que coûte, il faut utiliser les moyens à notre disposition pour reconstituer les faits, mettre les coupables face à leurs responsabilités, assister juridiquement les familles des victimes, relayer au niveau médiatique les circonstances des tragédies et garder une pression constante sur les autorités pour que l’impunité ne soit pas la règle. Cette vigilance active est nécessaire car la « Justice » à trop souvent couvert les agissements des forces de l’ordre au détriment de la justice et de la vérité. 
 

La Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie soutient intégralement le Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, présente ses condoléances aux proches et à la famille, exige que toute la vérité soit faite et invite tous les habitants d’Argenteuil et toutes les personnes soucieuses d’équité à s’unir pour que justice soit faite dans cette affaire et, au delà, pour lutter avec nous contre toutes les formes de racisme et contre l’islamophobie.

Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie
Paris, le 09 septembre 2009

 
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