15 mars 2004, quand une loi ouvre les vannes de l’islamophobie

Le texte en arabe ici.

« Il était 15h25, je marchais le long du trottoir lorsqu’une personne à ma gauche, une dame d’une cinquantaine d’années a ralenti puis, a tiré mon foulard par derrière pour me l’arracher… Le geste a été si brusque que j’ai ressenti une douleur au dos. Je me suis alors retournée pour obtenir des explications, mais elle a recommencé face à moi cette fois-ci, et a tenté de retirer mon foulard une seconde fois en tirant fortement dessus. Par la suite, cette dame, qui m’était complètement inconnue, a poursuivi ses attaques devant de nombreux passants et automobilistes inactifs. J’ai senti de la haine dans son regard, elle m’a alors donnée un coup de pied au niveau du ventre alors que j’arrivais au terme de ma grossesse. C’est à ce moment-là que j’ai ressenti des contractions avec des douleurs au niveau du bas du ventre. Je l’ai alors poussée pour me défendre et la tenir à l’écart (…) Elle répétait en boucle : “Les islamistes”, “Les islamistes” et aussi “Bim Bim” en mimant le tir d’un pistolet, “Vous allez voir, bientôt ce sera comme la Syrie, Bim Bim”… “Des gens comme vous ne devraient pas exister”, en évoquant “arabes”, “maghrébins”. [1] »

Le 10 mars, à Bourges, en plein centre ville et en plein jour, une femme enceinte portant le foulard a été agressée. Elle a accouché prématurément.

Cet incident s’est déroulé alors que l’on s’apprête à « célébrer » le dixième anniversaire de l’adoption de la loi sur les signes religieux (en fait le foulard) à l’école, loi qui a donné lieu, comme chaque fois qu’il s’agit de s’attaquer aux musulmans, à une large unanimité de la gauche et de la droite. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence, mais d’une conséquence d’une loi qui a fait des femmes portant le foulard l’ennemi de la République et de la laïcité.