Un centre pour étudier l’islamophobie en Angleterre

Pour la première fois en Angleterre, un centre d’étude et de recherche sur l’extrême droite va voir le jour, rapporte The Guardian...

The Center for Fascist, Anti-Fascist and Post-Fascist Studies ouvrira ses portes en juillet. Premier du genre en Angleterre, cet établissement universitaire analysera les mutations de l’ extrême droite.

Pour la première fois en Angleterre, un centre d’étude et de recherche sur l’extrême droite va voir le jour, rapporte The Guardian. « The Centre for Fascist, Anti-Fascist and Post-Fascist Studies » ouvrira ses portes au sein de l’Université de Teesside, et étudiera à la fois l’histoire de cette mouvance et son ancrage politique et idéologique.
« D’un antisémitisme à certaines politiques anti-islam »

L’annonce de cette ouverture (prévue en juillet prochain) sera officialisée lors d’une conférence organisée en marge de la journée nationale de la commémoration de l’ Holocauste, le 25 janvier à l’Université de Teesside. La date n’est pas anodine, car l’objectif du centre est d’analyser les dérives radicales. « Cela permettra de réfléchir à cette époque catastrophique de notre histoire, qui doit ses origines dans l’extrême droite », explique le professeur Copsey, l’organisateur de cet événement.

Interrogé par le journal britannique, Matthew Feldman, l’un des futurs dirigeants du centre va dans le même sens, en voyant dans cette formation inédite, le moyen de faire réfléchir les étudiants sur la société actuelle.

« Certaines idées répandues par l’extrême droite ont bifurqué de l’antisémitisme vers une idéologie anti-islam », suggère-t-il. Selon lui, les attentats du World Trade Center en 2011, de Madrid en 2004 et de Londres en 2005 commis par des terroristes au nom de l’islam, ont ouvert la brèche à de nouvelles générations d’activistes d’extrême droite.

Prévenir ces dangers en Angleterre

Aujourd’hui, dans un pays dirigé par le parti conservateur, les grands partis d’extrême droite tels que « The British national party » et « The English Defence League », semblent être en déclin (grande perte d’adhérents et de sièges dans les conseils).

Mais ce calme ambiant cache la tempête pour Matthew Feldman qui craint une sorte de « nationalisme culturel ». « En retard dans les années 70 et 80, je crois que le parti extrémiste britannique “National Front” bénéficie pour la première fois d’un soutien massif populaire ».

À qui la faute ? À Internet ! D’après son analyse, le web a été un facteur important qui a permis d’organiser et rassembler des militants sans les contraindre à se réunir publiquement. Les futurs travaux élaborés dans le centre étudieront ces risques en mettant l’accent sur les idéologies radicales qui animent des forums entiers. « Je ne veux pas exagérer les risques, mais il y a un lien entre ce que l’extrême droite a toujours fait, et l’apparition de ces justiciers terroristes qui se sont informés sur Internet », analyse-t-il en citant le massacre perpétré par le terroriste norvégien Anders Breivik en 2011.

 
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