Perquisition chez monsieur et madame G

J’étais endormie

à 2h08 le 27 novembre 2015 mon téléphone qui sert d’interphone ( appel portier) sonne. Puis sonne une deuxième fois je décroche j’entends un homme qui dit “ putain on s’est trompé”. Et nous avons été coupé.

Une minute après j’entends un gros boum et des coups sur la porte plus vite et plus fort, la BRI casse la porte en mettant 8 à 9 coups avec un bélier de 40 kg. Je reveil mon mari, qui dormait profondément, il ne comprend pas ce qu’il se passait, je le brusque dans son sommeil je lui dis vite la porte, il se dépêche d’aller ouvrir la porte en leurs criants :

“Attendez, je vous ouvre” ils ne répondaient pas et continuaient d’enfoncer la porte jusqu’à la casser. Ils ont mis du temps à l’ouvrir car c’est une porte blindée.

J’avais très très peur, je commençais à avoir un peu de mal à respirer, j’avais comme une sensation d’étouffement.

En entrant il était au moins 20 avec des longues armes et imposantes en joue, des mitraillettes je crois et des viseurs en lumières bleues sur leurs armes. Ils ont braqué mon mari et l’ont jeté et plaqué au sol.

Sur leurs vêtements , c’est écrit BRI. Ils se sont dirigé vers moi et une personne a dit en hurlant :

"objectif en vue !, il m’a jetée violemment au sol sur le ventre


Ils me criaient dessus à terre je m’exécute sur-le-champ , Ils m’ont menottée avec violence en me prenant le bras droit , puis le gauche ils m’ont braquée avec leurs armes imposantes.

(Je suis asthmatique et j’ ai des problèmes de santé notamment deux kystes sur les poignets.)

Je suffoquais, ma tête était en face du sol. J’ai dit que j’avais du mal à respirer dans cette position (ma tête étant face au sol) que je suis asthmatique ; je demande de me relever voyant mon état de suffocation un agent me relève.

Quand je retrouve mes esprits, je vois une quinzaine d’agents chez moi, mon mari assis sur le canapé. Je leur dis que nous avons deux enfants, un de 3 ans et un de 15 mois, puis je demande ce qu’il se passe. On me fait asseoir sur le canapé à côté de mon mari, je suis toujours menottée. Un agent me dit "une perquisition va être effectuée ordonné par le préfet de l’Oise dans le cadre de l’état d’urgence."

Moi :"d’accord va y nous n’avons rien à nous reprocher".

Il me demande ma carte d’identité, il demande à un collègue de me retirer les menottes car elles me font mal au poignet. La perquisition commence dans toutes les pièces de la maison.

Ils regardent les livres sur l’islam que nous avons : coran et livre religieux et des livres pour apprendre l’arabe.
À ce moment l’agent BRI regarde son collègue tenant le livre pour apprendre l’arabe il dit à son collègue :

“ tiens voilà une preuve ; ils apprennent l’arabe”


.
Puis l’agent, nous parle méchamment, ils avaient des regards accusateurs et un ton avec du mépris. Ils nous posent des questions bizarres.

un agent pose des questions à mon mari :

  • “Dans quelle mosquée vous allez prier ?”
  • mon mari” je n’ai pas de mosquée, je prie partout”
  • l’agent : “ ah bon”.
  • Mon mari” Oui je ne prie pas dans des mosquées fixes”
  • Puis l’agent m’a demandé :” allez-vous à la mosquée”
  • Moi” non, je ne vais pas à la mosquée”.

À ce moment Ils nous ont fait sentir que nous étions coupables parce que nous sommes des musulmans et que nous apprenions l’arabe.

Ils ne m’ont pas dit de quoi nous étions accusés. Ils me demandent mon ordinateur, fouillent toutes nos affaires clés USB, téléphone.

Puis en fouillant mon ordinateur l’agent me pose des questions sur une agence de sécurité E. ( Téléphonie, système de sécurité, alarme)

  • L’agent” Je vois que les fournisseurs sont en Belgique”.
  • Moi :” Je sais pas, je prends juste des RDV pour les commerciaux, j’ai juste reçu un dossier complet sur la société pour faire mon travail au cas où les lient potentiel me posent des questions. Je ne savais même pas où étaient fabriquer les produits."
  • Puis il prend une clé USB et me demande ce qu’elle contient.
  • Moi “ c’est de la musique”
  • L’agent “ ah bon de la musique” il était étonné.

Cela dure presque 1h30. En fouillant la chambre de mes enfants, mon fils de 15 mois se réveille en pleure, on m’autorise à aller le chercher, je m’occupe de lui, lui fait un biberon et le remet aussitôt dans son lit ; car il y avait beaucoup d’agent dans le salon et je ne voulais pas qu’il ai plus peur.

La BRI casse le meuble en dessous du levier les agents mettent la maison sens dessus dessous puis :

Il est environ 3h30 du matin passé, ils s’en vont telles qui sont arrivé, bredouille, la perquisition n’a rien donné “négative”.
Moi :” je dois signer quelque chose, avez-vous un document à me fournir ?"
Ils me répondent :” non, pour la porte voyez avec voir avec votre bailleur.”

Je suis vraiment sous le choc de ce que je viens de vivre, mon mari tente de me réconforter en vain. Je tremble de partout, je me réfugie dans la salle de bain où la je fonds en larmes. Ma maison est toutes retournée, les vêtements par terre, papier par terre, nourriture ....

Les nuits qui ont suivi je ne dors pas, le bruit lorsqu’il cassait la porte et la violence de la perquisition raisonnent dans ma tête, je me lève en pleurant pendant des nuits consécutives en me remémorant la scène. Je suis à l’affûts le moindre bruit que j’entends la nuit me terrorise, je me lève monte le volet et regarde par la fenêtre de peur qu’ils soient en bas entrain de se préparer à revenir et je retourne dans mon lit me cachant sous la couette !

J’ai peur de sortir seul dehors, j’ai peur de retourner vivre chez moi d’autant plus que la porte ne se ferme plus.

j’ai une forte angoisse et une tachycardie !

Madame G.

Soutenez CRI et les actions d’aide aux citoyens victimes d’injustice et de brutalité :

Aidez à la procédure concernant l’imam Mohamed Khattabi

Aidez CRI en général

 
Thèmes